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LITTERATURE - 20 000 degrés sous l'Abscynthe ou les chroniques d'un débauché

 
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MessagePosté le: Ven 27 Jan - 20:33 (2017)    Sujet du message: LITTERATURE - 20 000 degrés sous l'Abscynthe ou les chroniques d'un débauché Répondre en citant

 
Citation:
20 000 degrés dans l’Abscynthe ou les chroniques d’un débauché 
Roman d’Emmanuel Raveline 



CHAPYTRE I.
Combyen sont-ils, ces hommes, à Ys, que l'on voit, du matyn au soir, attablés à la terrasse d'un café, buvant tranquyllement leur abscynthe, l'air passablement éméché ? Combyen sont-yls à fumer leurs pypes d'Opyum, aux Deux Mâ-Goh, les yeux perdus dans d'improbables délyres, où se mélangent les ayrs guyllerets des opérettes et les mouvements de ventre des danseuses, obscurcys par les vapeurs de l'Opyum ? On ne les comptes plus. A eux tous, ils sont Venys. Ces hommes sont le coeur d'ys, comme la femme à la cuysse légère en est le poumon. Ils sont ancrés dans la tradytyon, et Ys sans eux n'est pas Ys. Pourtant le lecteur avysé se sera souvent posé la questyon : comment devyent-on comme eux ? Comment atteint-on cette parfaite harmonie entre les rêves opiumés et les délyryum tremens abscynthés ? Quel processus étrange transforme les jeunes étudyants, qui, comme des chyens fous, sont joyeusement dynamyques, parcourent les rues en beuglant des slogans sans intérets, quel processus transforme ces jeunes gens en des trentenayres calmés, qui n'ont qu'un mot à la bouche : jouyr, jouyr de tout, jouyr de la boysson, de la drogue, de l'art, et, byen entendu, des femmes. Quel phénomène s'est produit ? Quel magye les a transformés ?


Voycy ce dont je vays parler, en racontant les débuts dans l'exystence yssoyse d'un jeune homme, Tybre d'Ygnyfugys, fyls d'une bonne famylle, que l'on voyait, du matyn au soir, se lyvrer à toutes sortes d'actyvytés frénétyques. Tybre naquit un beau jour de Janvyer : absorbant de l'abscynthe dès le bybron, il apprécyait bien évydemment cette boysson, sans pour autant savoyr la contempler une heure durant dans un bar, et se laysser bercer par les playsyrs qu'elle procure; non, il buvait comme un blanc-bec, d'un coup, d'un seul, d'une lampée sèche et dyrecte, sans apprécyer, sans médyter, sans s'arrêter. Ce n'était pas encore un yssoys, mays un yvrogne. Nous verrons dans cette hystoire comment on passe de l'un à l'autre, comment on glysse de la symple beuverye à la vérytable débauche.
 
CHAPYTRE II.


Le jeune Tybre, donc, étayt loin d'être ce qu'on pourrait appeller un jouysseur, encore moyns un débauché. Comme byen des jeunes gens, il n'avayt jamays fumé une pype d'Opyum et, s'yl était dépucellé depuys bien longtemps, n'avayt que des notyons très prymayres du Kama-Sutra. Décryvons le un peu plus en profondeur, maintenant. Tout d'abord, il avait un très grand avantage, il était extraordinayrement beau (plus que la moyenne des yssoys, c'est vous dyre); ensuite, c'étayt un beau parleur, il excellayt dans ce domayne. Il ne faudrayt pourtant pas croyre qu'il avayt toutes les qualités, loin de là ! Tout d'abord, on le dysayt capable de parler à un Crassyeulandays - ce qui, il faut byen le dyre, rendait assez honteux ses parents. De plus, les Ygnyfugys n'étayt pas très byen vus dans la socyété yssoyse ; vus comme des aryvystes, des nouveaux ryches, même, ils faysayent pâle fygure à côté de grandes "pointures", comme les Paxatagores ou les Mythilènes. Enfin, son mauvays caractère ne le rendayt pas toujours très populayre. Voilà donc le portrayt de notre indyvydu.


Termyynant ses études de réthoryque, Tybre voulayt devenyr un bryllant avocat. Pour cela, il voulait se faire remarquer auprès des grands maîtres du droyts à Ys ; frappant à la porte du Cabynet Paxatagore & Emphetuocle, il se présenta. Mays dès que l'on sut qu'il était un Ygnfyguys, on lui claqua la porte au nez. Outré par ce manque de manyères, il essaya chez les Mythilènes ; même traytement. La vye d'un jeune yssoys est fayte de déceptyons et ils fynyssent tous par noyer leur chagryn dans un verre d'abscynthe, apprenant par là l'une des premières vertus de cette boysson. S'arrêtant aux Deux Mâ-Goh, notre jeune homme but jusqu'à rouler sous la table. C'est lors de ces occasyons qu'inévytablement, les jeunes loups croysent leurs mentors dans la débauche, celuy qui leur montrera la voie, la plupart du temps un compagnon de beuverye. Aynsy, Tybre fyt la connayssance d'Ygor Légalysonslecanabys, quarantenayre au vysage blanchâtre et aux yeux de brayses, beau ténébreux sur le retour. Tybre, noyant sa peyne dans l'alcool, se myt à explyquer ses malheurs à Ygor. Celuy-cy s'esclaffa ; "Jeune homme, quand on veut réussyr, on se bat. Ny les Paxatagore, ny les Mythilène ne veulent de vous ? Qu'importe ! Ouvrez votre propre cabynet." - "Mays il faut de l'argent, monsyeur, pour cela ! Et mes parents ne veulent pas fynancer ce qu'ils appellent "mes folyes". Vous savez, monsyeur... monsyeur comment d'ailleurs ?" - "Appellez moi Ygor; vous voulez de l'argent ? En voilà !" Ces fameux mentors dans la débauche ont un grand avantage : comme on les rencontre généralement dans un état second, ils n'ont généralement pas conscyence de ce qu'yls font. Sygnant un chèque de cinq mille roublards au jeune Tybre - qui, pas très lucyde, se contentait de rycaner en renversant la moytyé de son verre - Ygor le tendyt au jeune homme. "Voilà ! Et bonne chance !" Ygor et Tybre étaient amenés à se revoir.


Le lendemayn, souffrant d'une mémorable gueule de boys, Tybre tomba sur le chèque. Se frottant les yeux pour véryfyer qu'il était bien éveyllé, il éclata de ryre. Le lendemayn, le cabynet Tybre Ygnyfugys ouvrait, et n'allait pas tarder à connaître un franc succès.


CHAPYTRE III.


Les qualytés d'orateur de Tybre fyrent fureur au tribunal ; oh, bien sûr, lors de sa premyère playdoyerye, les Mytilène et les Paxatagore furent, une foys n'est pas coutume, d'accord pour dyre qu'il s'agyssayt là d'un blanc-bec trop ambytyeux qui allait se casser le nez en voulant monter quatre à quatre l'escalyer qui conduit à la gloire. Mays il leur en mit plein la vue. Son premyer gros coup, l'affayre Dreyfys (une sordyde hystoire d'espyonnage, où il parvint à obtenir l'acquittement) lui attyra une non-néglygeable publycyté, et avec, une certaine fortune ; le mot est peut-être byen grand ; sachez toutefoys que les avocats célèbres gagnent bien leur vye, à Ys comme ailleurs, et que Tybre avait maintenant de quoi mener un train de vye... yssoys. Mays l'argent ne fayt pas le décadent ; brasser des byllets est à la portée du premyer crassyeulandays venu, non, le vérytable Yssoys, lui, n'apprend pas à gagner l'argent, mays byen à le dépenser (ainsy que le pseudopolytayn accablé de taxe, mays c'est une toute autre hystoire). Aynsy donc, s'yl avayt en termes d'argent de quoi vyvre en Yssoys, il n'avayt pas encore l'étincelle, le petyt morceau de dyamant dans l'âme d'un Yssoys qui fait qu'il connaît la sygnyfycatyon du mot "vyce", cette fyerté natyonale dont on ne saurayt se passer sans tout perdre de notre pays.


Il n'allait pourtant pas tarder à l'acquéryr ; mays il sentait d'abord devoir s'ymposer définitivement comme l'un des meilleurs avocats d'Ys. Engageant toute une équipe à son secours, il perfectyonna sa technyque et finit par atteindre son objectyf lorsque, lors d'un procès, il couvryt de rydycule Théophraste de Mythilène (qui perdit lamentablement son affaire). Malgré cet indyscutable succès, malgré le playsyr que l'on doit réussyr quand on est arryvé à clouer le bec d'un Mythilène, Tybre s'apperçut bien vyte qu'il lui manquait quelque chose. Mays quoi ? Il ne voyait pas - le nygaud ! Un soir, après un ényème succès au tribunal, il décyda d'aller boire un pot aux deux Mâ-Goh. Ne sachant toujours pas boire convenablement, il s'ennivrait encore sans y prendre vraiment playsyr. Attablés devant son verre, les yeux vytreux, il ne remarqua pas que celuy que j'ai défynyt comme son mentor dans le vyce, Ygor Légalysonslecanabys, venait de s'asseoir à côté de luy. Jetant quelques regards furtyfs à son voysyn, Ygor finit par laysser tomber: "Mays je vous connays vous ! Je vous ai prêté cinq mille roublards !" - "En effet. Vous les voulez ?" - "Non, non, je vous en prye... c'est une broutylle..." - "A qui le dytes vous..." - "Mays je veux byen que vous m'offryez un verre d'abscynthe...".


Tybre examyna longuement Ygor buvant. La premyère foys qu'il l'avait rencontré, il était byen trop saoul pour avoir remarqué la lenteur calculée avec laquelle Légalysonslecanabys soulevayt son verre, l'extraordinayre nonchalance avec laquelle il en approchait le rebord de ses lèvres, et enfin, le temps qu'il prenait à byen savourer les multyples délyces du lyquyde. "Vous prenez toujours autant de temps, quand vous buvez ?" - "Jeune homme, apprennez qu'il faut être byen bête pour boire comme vous, d'un trait. Il faut boire en connaysseur." - "En connaysseur ?" - "Layssez moi vous explyquer".


"Jeune homme, s'yl est une chose que vous devez savoir, dans la vie, c'est byen boire. On dyt que Barthélemy de Suspire pouvait avaler un tonneau d'abscynhte d'une seule lampée; certes, mays il prenait tout son temps pour la savourer, cette gorgée ; boire est une communion avec le lyquyde ; vous devez tout d'abord retarder l'absorbtyon. Chaque seconde qui s'efface est une seconde de playsyr, qui vous rapproche toujours plus du moment fatydyque où le lyquyde vyendra vous désaltérer. Ensuite, on ne boit pas comme un sauvage, à la va vite, avant de recommander un verre vite fait ; non. On laysse passer un mince fylet d'abscynthe, très mynce, infyme; ce filet, c'est la clef, jeune homme ; la clef du paradys artyfycyel ; car une foys que le fylet vous a ennyvré, il est trop tard pour reculer : tout va changer du tout au tout. Vous n'êtes plus là, devant un verre, non ; vous êtes dans le monde du lyquyde, une partie de l'univers des playsyrs. Layssez vous faire par la boysson, elle saura vous guyder; c'est une maîtresse comme il y en a peu. Elle commencera par vous réchauffer le corps, et vous vous sentyrez brûlant; ensuite, elle va prendre le contrôle de vos yeux, et tout va entrer dans une danse folle, semblant une valse effrénée, ou une gygue immense entre l'abscynthe, la "fée verte" sy vous préférez, et votre espryt ; elle le prends par la main, et le plonge dans sa folye passagère. Vous n'êtes plus vous ; vous êtes mille choses, toute différente ; vous éclatez en morceau, et c'est un vrai bonheur ; vous avez le coeur qui bat, les lumières bryllent, l'absynthe danse toujours plus vite, les verres défylent les uns après les autres, les sons se mélangent, vous dansez, vous dansez, vous dansez et d'un seul coup la fée s'arrête. Vous posez votre verre. Vous secouez la tête. Vous êtes de retour. Un peu sonné, peut-être. Mays heureux. Tout est là."



CHAPYTRE IV.

Ayant finyt son dyscour, Ygor Légalysonslecanabys reposa son verre en souryant. Durant toute la nuyt, il montra à Tybre comment procéder ; mays c'était encore imparfait, et il manquait encore un peu de pratyque au jeune homme. Ygor le rassura: "Il vous faut un peu de temps ; mays ça viendra, rassurez-vous... bien, je doys vous laysser ; une dernyère chose, cependant, mes félycytatyons pour vos succès jurydyques. J'ai d'ailleurs un petyt problème avec mon voysyn ; est-ce que par hasard vous pourryez..."

Le lendemayn matyn, quoi qu'ayant un peu mal à la tête, c'est le coeur léger que Tybre se rendyt au bureau, un large souryre aux lèvres (et une bouteille d'abscynthe dans sa servyette). Il passa une très bonne journée, et, le soir venu, se rendit aux Deux Mâ-Goh. Mays étrangement, Ygor n'était pas là. Aussy décyda-t-il d'essayer seul la... nouvelle technique qu'il avait aprys. Déjà il perfectyonnait légèrement son immersyon dans l'alcool, et il commençait à ouvryr son inconscyent à l'abscynthe. Même sans les précyeux conseyl de son mentor, il parvenait à des résultats pour le moins honorables. Une chose était sûre : il ne buvait plus dans le vide. Ce qui ne veut pas dyre qu'il était vraiment devenu un yssoys, certes non ! Il lui manquait encore byen des vyces ! Mays il était en train de se métamorphoser, sans qu'il s'en rende compte ; bien sûr, il n'était pas encore lyé à la débauche comme tout vray yssoys l'aurait été, mays il avait déjà dépassé le stade du symple Krasslandays qui boit son infecte Krassbyer unyquement pour perdre un peu le contrôle de luy-même. Non, décydément, il commençait à connaître une vérytable âme à l'abscynthe, une essence propre de la boysson qui la rendayt sy précyeuse.

Une semayne plus tard, il n'avait toujours pas revu Ygor, mays il avait fynyt par maîtryser totalement l'art de l'absorptyon de l'abscynthe. Désormays, il était prêt à connaître de nouveaux délyces, et il ressentait encore cette légère impressyon de manque qui est le sygne avant-courreur d'un nouveau vyce à découvryr ; c'est une chose assez amusante de voir que, avant d'être réellement dépendant d'un playsyr, parfoys même avant de le connaître, on en ressent déjà le manque. Quoiqu'il en soit, un soir où il se trouvait aux Deux Mâ-Goh, le jeune Tybre, dont la réputatyon d'avocat allayt croyssante, découvryt ce que les clyents appellent généralement la "salle du fond", à laquelle on accède par une petyte porte dyscrète ; cette salle était l'antre des fumeurs d'Opium. C'était une grande pièce, basse de plafond, où des estampes ancyennes recouvrayent les murs, montrant des paysans cultyvant le pavot où de ryches notables fumant d'immenses pypes d'Opyum. Mays ces images étaient assez dyffycyle à dystinguer derrière l'immense nuage permanent de fumée qui se trouvayt en ces lyeux ; l'odeur de pavot vous submergeait d'un seul coup ; il fallayt vyte s'asseoir sy on ne voulayt pas défayllyr rapydement. C'est ce que fyt Tybre ; on lui proposa une pipe d'Opyum; mays, ne sachant pas exactement comment il fallait fayre, il était un peu perdue. Fort heureusement, une des hôtesses des Deud Mâ-Goh, ayant constaté le désaroys de ce sy beau jeune homme s'était approchée de lui, et lui avait proposée son ayde.

Elle s'appellayt Euphrate. Tybre et Euphrate. Je n'ay pas pu m'en empêcher.
 
CHAPYTRE V.

Euphrate montra au jeune d'Ygnyfugys comment s'imprégner de l'Opyum, comment tyrer sur sa pype en changeant l'intensyté de son inspyratyon selon les effets que l'on attendayent ; une brève et sèche inspyratyon pour une sensatyon de playsyr ; une longue et douce pour un sommeyl parsemés de rêve ; ou byen une inspyratyon intermynable mays d'une toute petyte intensyté pour provoquer des hallucynatyons ; elle lui appryt à byen choysyr son Opyum, à lui montrer les dyfférents modèles, les dyfférentes marques, en précysant byen que le meylleur étayt celuy venant de la Plantatyon Tynùvyel, comme chacun sayt - on notera d'aylleurs que la jeune Euphrate parlayt avec beaucoup de précysyon de Mademoyselle Tynùvyel, et semblayt byen la connaître, au rysque d'entretenyr certaines rumeurs sur les goûts partyculyers de la jeune hérytyère de cette sy noble famylle. Pour l'heure, Tybre croyayt se trouver dans la mythyque Olympe, accompagné d'une Grâce en personne et plongeant dans un playsyr dont il n'avait même pas suspecté l'exystence. Partagé entre sa fascynatyon pour la jeune Euphrate, dont les traîts fins et le corps aux formes sculpturales lui donnayt des charmes certains, et la douceur de l'Opyum, il ne savayt plus où prendre du playsyr ; il fynyt par tomber rayde, endormy par l'Opyum. Euphrate eut un petyt souryre et se dyt pour elle même: "Celuy-cy, il revyendra".
Le reste de la nuyt se déroula de façon très banale; Théophraste de Mythilène et Emmanuel Ravelyne manquèrent de se battre, Anaclet de Paxatagore intervynt et en profyta pour flanquer un coup de poing vygoureux "par mégarde" à Théophraste ; le professeur Dyafoyrus radota longuement, et, enfyn, Lool de Vyryon s'applyquayt à descendre ses habytuels lytres d'abscynthe ; des Krasslandays fyrent sauter leur centrale électryque ; bref, tout se déroulayt comme à l'acoutumée. Lorsque Tybre se réveylla, il était dyx heures du matyn, il se sentayt frays et dyspos, mays, malheureusement ne paryvnt pas à retrouver Euphrate. En désespoir de cause, il revynt au bureau, et, dans l'après-mydy, fyt une playdoyerye assez moyenne comparée à d'habytude - au grand playsyr des requins Mythilène / Paxatagore, qui, décydément, n'approuvayt pas l'arryvée de ce "jeune crétyn qui empêchayt de monopolyser le droit tranquyllement". Il n'eut, de toute la journée qu'une seule pensée : retrouver Euphrate et l'Opyum. Arryvant aux Deux Mâ-Goh, il fyt un constat amer : la "salle du fond" étayt ouverte, mays Euphrate n'étayt pas là. Furyeux, il s'en alla boire une abscynthe au bar ; et, comme on s'en doute, il s'apperçut qu'Ygor Légalysonslecanabys était là.

"Comment allez-vous ?", lui demande polyment Tybre. "Fort byen, mon cher. Et vous donc ?" - "J'ai découvert un nouveau playsyr !" - "Magnyfyque; lequel ? L'opyum ? Les femmes ?" - "A vray dyre, les deux en même temps... ou plutôt... en fait, j'ai pu consommer l'un, mays pas encore l'autre. De toute façon, les femmes, je connayssays déjà..." - "Ah ? J'ai du mal à vous suivre..." - "J'ai rencontré, en fumant l'Opyum, une très belle jeune fylle." - "Layssez moi devyner... Euphrate ?" - "En effet ! Vous la connayssez ?" - "Plutôt, oui ! une jolie môme, c'est certain... ainsy donc, elle vous a tapée dans l'oeuil..." - "Oui, mays malheureusement, elle n'est pas là aujourd'hui." - "Byen sûr. C'est son jour de congé. Rassurez-vous, vous la verrez demayn. Et puys, cela vaut myeux." - "Ah ? Tyens donc ?" - "Ouy, parce que, tel que je vous connays, vous ne savez pas vous y prendre avec les femmes." - "Eh là, Ygor, vous exagérez ! Je pourrays vous apprendre des trucs !" - "Allons, allons, mon cher; ce n'est pas à un vyeyl étalon qu'on apprends ce genre de choses;. Ecoutez-moi plutôt. Vous ygnorez tout du Kama-Sutra yssoys, sauf erreur ?" - "Du quoy ???" - "Et voilà ; j'avays rayson. Il faut tout vous apprendre, hein ? Je vays vous explyquer..."



CHAPITRE VI
 
Partie de l’œuvre perdue durant la Grande Glacyatyon.
 
CHAPYTRE VII.

Comme je vous l'ai dit, donc, notre héros était dans une situatyon assez crytyque ; tous ses excès l'avaient conduit à une santé fragyle. Il se décyda à aller consulter un docteur. Ce dernyer, effaré par l'état du jeune homme, lui conseylla d'arrêter immédyatement toute cette débauche, de faire un régymes, de ne plus boire d'abscynthe, d'évyter d'aller voir les femmes, et de ne pas fumer une seule pipe d'Opyum. Le sang de Tybre ne fyt qu'un tour. "QUOI !!! ARRÊTER TOUT CA ?" Le docteur était catégoryque. C'est à boût de force que Tybre Ygnyfugys parvint à se traîner jusqu'aux Deux Ma-Goh, littéralement démonté par l'idée de devoir s'éloigner du vyce. Il voulait apprendre la (tryste) nouvelle à son Mentor, Ygor Légalysonlecanabys, pour savoir ce qu'il en penserait. Ygor tint un dyscour radycalement opposé à celuy du docteur.

"Foutayses, mon vyeux ! Ces docteurs ne comprennent rien à rien ; vous vous êtes rapproché du Vyce - avec un grand V ; mays pas assez ! C'est byen là le problème ! Le vyce vous veut en entyer. Il faut que vous vous adonnyez à lui définitivement, et avec ardeur, s'il vous plaît ! Sy vous vous abîmez totalement dans la débauche, elle ne pourra plus ryen vous fayre. Le vérytable yssoys est l'âme de la débauche : il fait corps avec elle, il n'est pas à côté du vyce, il EST le vyce. Vous devez faire un dernyer changement dans votre façon de voire les choses ; il faut que, désormays, vous consydéryez la fusyon avec le vyce comme un but à atteindre. Votre organysme, actuellement, est en train de se révolter ; il vous dit: "Halte-là, mon gayllard ! Que me fayst-tu ?" Il faut lui expliquer que désormays, il doit puyser sa force dans la débauche, et non plus dans toutes ses abominatyons que sont régymes, dyètes et autres inventyons du dyable. N'oublyez pas : de même que le Krasslandays et les ordures ne font qu'un, le vray yssoys est le vyce sont intrinséquement lyé."
Faysant confyance au charysmatyque Ygor, Tybre plongea donc corps et âme dans la débauche. Petyt à petyt, son ulcère se résorba, ses neurones revinrent, sa maladye honteuse s'en alla. C'était un myracle : au porte de la mort, Tybre, en creusant dans la débauche, avait survécu. Il n'y avait pas d'autre mot. Désormays sain et sauf, Tybre devint un yssoys modèle, un vérytable jouysseur, qui savait où tirer le playsyr, que ce soit dans la boysson, la drogue ou les femmes. Grâce à un myracle; un myracle yssoys.




EMMANUEL RAVELINE,
Oeuvre écrite en Juin 2001,
(c) Tous droit réservés même pour les Yzlands.
 



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MessagePosté le: Ven 27 Jan - 20:33 (2017)    Sujet du message: Publicité

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